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Le Belarus méconnu
2011-11-18 18:42 / BBD
Par Olga Loginova, New York
Photo de Alena Lis
Traduction de Christophe Arnaud
 La tempête de neige ayant fait rage pendant la nuit se calma au matin. Une neige épaisse de 20 cm, encore blanche et encore quasiment indemne de traces de pieds et pneus, scintillait aux reflets du soleil froid. On se dirigeait vers Mizhrechcha, près de Rakaw. À cette époque, je n'avais jamais entendu parler de cette ville. Selon le message laissé sur le répondeur du journal, une épidémie de rage frappait les renards vivant les forêts des environs. Les images de la vie sauvage et de leurs victimes terrifiées étant depuis toujours une histoire à succès sûr, l'éditeur me laissa couvrir la nouvelle.
2011-10-27 10:28 / BBD
Texte de Ales Kudrytski pour ODB
Traduit par Christophe Arnaud
Lazar Bogsha pesait une petite icône orthodoxe dans sa paume, il la scrutait sous tous les angles, et souriait. Les émaux colorés de l’icône étaient simplement parfaits. N’importe qui la confondrait avec une œuvre byzantine. N’importe qui mais pas lui. Après tout, Lazar Bogsha l’avait lui-même fabriquée.
2011-10-27 10:23 / BBD
Par Ales Kudrytski pour BBD
Traduit de l’anglais par Christophe Arnaud
Une chaude journée d’été, le 13 juillet 1941, un camion poussiéreux s’arrête devant la porte principale d’un imposant bâtiment du centre-ville de Mahiliou. Un ancien musée historique faisait désormais office de siège de la branche locale du parti communiste. Mais le changement était proche. L’air était empli des lointaines déflagrations et du vacarme des mitrailleuses. L’armée nazie progressait rapidement, refermant ses griffes sur cette ville stratégique située sur la rivière Dnepr. Malgré une résistance acharnée, la chute de Mahiliou n’était qu’une question de jours. Des hommes en civil faisaient des va-et-vient entre l’immeuble et le camion, chargeant d’obscurs malles et sacs. Le conducteur, Piotr Paddubski, roulait une cigarette, regardant nonchalamment l’agitation en face de lui. « Quelle belle croix ! » s’exclama un des travailleurs, s’émerveillant de ce qu’il voyait dans un des sacs.
2011-10-19 13:35 / BBD
Par Ales Kudrytski pour BBD
Traduction : Christophe Arnaud
La lune éclairait le sol dans le couloir obscur. Le château Niasvizh était calme. Son immeuble majestueux se dressait sur les bords du lac. La tour du château se reflétait dans les eaux calmes du lac.
Le vieux parquet craquait aux pas de quelqu’un.
« Chut ! Qu’est ce que tu fais ?! » chuchota quelqu’un. « Tu ne veux pas faire fuir de peur le fantôme ! ».
« C’est impossible qu’il soit plus effrayé que moi ! » répondit une autre voix.
Deux ombres, chacune pas plus grande que celle d’un enfant, se cachaient derrière une grande cheminée. Les yeux de cet étrange couple brillaient du clair de lune comme quatre pièces d’argent.
« Il est bientôt minuit. La Dame Noire pourrait apparaître à tout moment », entendait-on de la voix d’un garçon.
« Elle a pas intérêt, je suis déjà mort de trouille», rétorqua son compagnon, probablement une fille.
2011-10-11 10:03 / BBD
Par Olga Loginova, New York
Photos d’Alena Lis
Traduction : Christophe Arnaud
Quelques mots de l’auteur :
Quoi de plus fascinant pour les esprits aventuriers que des ruines pittoresques, hantées par les secrets d’un lointain passé ?
Probablement dans chaque pays, on trouve des ruines légendaires, ou mieux, des châteaux, palais, et grottes, inspirant poètes et artistes, et attirant touristes et argent dans le pays. Le Belarus ne déroge pas à la règle. Bien que peu d’entre eux aient survécu aux deux guerres mondiales et aux 70 ans de l’Union Soviétique, nos châteaux, ou du moins ce qu’il en reste, ont eux aussi leurs histoires fascinantes à raconter aux voyageurs curieux.
2011-10-03 11:37 / BBD
Olga Loginova
Traduit par Christophe Arnaud
Photo d'Alena Lis et Olga Loginova
Une tasse de café, un bagel, et le journal à l’encre encore humide, tout juste sorti des imprimeries – c’est un pur plaisir pour moi, qui lorsque je me retrouve dans la chaleur étouffante de mon appartement en été à Minsk, me paraît quasiment inatteignable. Dernièrement, à la lecture de la presse quotidienne, je me suis réjoui de voir qu’après des années de froide indifférence, le Belarus, et sa capitale Minsk, devenaient enfin célèbres. On aurait pu rêver de meilleure publicité, mais c’est toujours mieux que rien. Désormais, les gens savent au moins où le pays est situé, et après toutes les allusions historiques malveillantes et les parallèles littéraires des journalistes, beaucoup parmi nous s’attendent à une avalanche de touristes désirant découvrir la réalité d’une ville pseudo soviétique située dans le centre de l’Europe (effet que les autorités se sont efforcés à obtenir depuis toujours).
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